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  • Sam a disparu

    Par Ellia


    La nuit était tombée depuis plusieurs heures, et Sam s’était enfin libérée de ses obligations pour la fin de sa semaine. Personne à appeler, personne à qui rendre un travail, personne avec qui traîner, elle se retrouvait enfin seule pour un long moment, pour son plus grand bonheur.

    Cette jeune femme rousse avait décidé de s’adonner à l’un de ses passe-temps cachés. Elle sortait tout juste de la bouche, ses longs cheveux encore humides tombaient sur le dos de son peignoir. Elle alla dans sa chambre et chercha, au fond d’un de ses tiroirs personnels, une combinaison intégrale en latex noir. Elle laissa tomber le peignoir sur le sol de sa chambre, en esquissant un sourire malicieux, puis après avoir mis des sous-vêtements sans doublure, question de style, elle enfila sa combinaison, celles parcourues des jambes jusqu’au cou par une fermeture éclair.

    On entendit le zip caractéristique de l’habit, et dès lors le corps de la jeune femme prit des formes d’autant plus féminines. Sa tenue épousait à la perfection ses hanches, sa taille fine et comprimait légèrement sa poitrine. Elle se déplaça pieds nus jusqu’au meuble à chaussures à l’entrée de son appartement et fouilla profondément. En sortit une paire de cuissardes noires à talon d’une dizaine de centimètres avec lesquelles elle compléta sa tenue.

    Elle se sentait particulièrement puissante et inattaquable en talons, et il est vrai qu’ils rehaussaient sa taille déjà grande. Enfin, elle mit des gants fins en latex qui remontent jusqu’avant le coude et une ceinture à laquelle étaient accrochés quelques tout petits sacs contenant des outils utiles. En retournant face à son miroir elle sourit, elle était enfin prête à assumer son fantasme, habillée comme une espionne que personne ne voit ni ne reconnait la nuit. Elle dit alors à haute voix, sur un ton qu’elle voulait grave « Agent Sam, votre mission est de vous infiltrer dans le dock 5 des quais ouest. Vérifiez la zone, quadrillez le périmètre et récupérez un indice crucial pour l’avancement de notre enquête. Vous êtes seule sur cette enquête, alors ne faites aucun faux-pas. Bonne chance agent Sam. »

    Elle partait alors d’un pas décidé, fermant son appartement, laissant comme à son habitude la clef sous son paillasson, ne pris pas la peine d’allumer la moindre lumière ni d’appeler l’ascenseur, elle utilisait les deux étages et le hall d’entrée comme une petite remise en jambe, car elle ne pratiquait plus ces jeux grandeur nature très souvent.

    Elle avait beau être une simple amatrice de sensations fortes et d’urbex, sa finesse, sa souplesse et sa discrétion la faisaient passer pour une ombre. Chaque rencontre lointaine avec chaque passant était une nouvelle épreuve et un nouveau défi pour ne pas se faire remarquer. Elle aimait ça, et elle se débrouillait très bien. Elle suivit sa route sans encombre jusqu’aux quais ouest.

    Évidemment à chaque fois qu’elle prévoyait ce genre de sortie, elle prenait soin de s’assurer que le bâtiment cible n’était pas utilisé. Elle évaluait aussi chaque chemin pour y aller et les gadgets dont elle aurait besoin à chaque aventure. Tout semblait si calme sur les docks, elle avança donc jusqu’au bâtiment repéré en prenant garde à chaque bruit suspect. Il n’y en eut aucun, elle se baladait seule.

    Voilà notre ombre féminine debout face à la grande porte du dock 5, verrouillée avec un cadenas. Heureusement elle avait repéré sur le mur est une porte sans dispositif de sécurité. Elle gravit alors l’escalier, poussa le plus discrètement possible la porte, puis pénétra à l’intérieur. Elle le découvrait pour la première fois. Elle se tenait accroupie sur une plateforme qui occupait les quatre murs, d’où sur chacun des côtés un escalier descendait vers le sol du hangar. A première vue il n’y avait que des grosses caisses et des hautes étagères disposées de façon à former des rangées à peu près droites. Vers le fond, deux portes donnaient probablement sur deux petites salles de stockage plus sécurisées à l’arrière du bâtiment.

    Elle poursuivait en bas, à pas feutrés, son repérage. Soudain son sang se glaça, elle entendit distinctement une voix masculine. Puis une deuxième, deux hommes qui parlaient dans cet hangar désaffecté… Elle fut prise de panique, elle ne pouvait pas ressortir par la porte qu’elle avait empruntée, l’escalier et la plateforme à traverser pour y accéder étant très exposés. Elle tacha donc d’envisager une autre sortie. Elle se dirigea alors, toujours à l’opposée de l’endroit d’où provenaient les deux voix, vers une des portes du fond. Elle utilisait les cartons pour se cacher entre chaque déplacement, et espérait fortement ne pas faire de bruit.

    Puis les voix se turent. Étaient-ils partis ? étaient-ils méfiants ? Elle ne le savait pas et commençait à regretter ses choix, le lieux, personne pour s’inquiéter, pas de téléphone, rien pour se défendre… Une seule voix reprit alors, elle venait de se relever pour se déplacer et la façon dont elle brisa le silence la fit sursauter et se retourner par réflexe vers son point d’origine. Elle sentit subitement une main se poser violemment sur sa bouche, elle lâcha un cri de surprise, et sa tête bascula vers l’arrière, elle trébucha et se sentit alors tomber sur un corps robuste. Un bras remonta le long de son dos et lui maintint ses propres bras dans son dos, et elle entendit à son oreille une voix dégoutante lui souffler « Coucou ma jolie ». Elle était prise…

    Elle ne voyait plus rien, avec le sac qu’on lui avait mis sur la tête, et on lui avait également attaché les poignets avec une corde dans le dos. L’homme qui l’avait attrapée la poussait pour la faire avancer, elle sentit qu’elle descendait un escalier, puis on la força à s’assoir sur une chaise. Une chaise en métal froid avec une simple barre en guise de dossier, comme ces chaises facilement pliables.

    Elle n’avait même pas la force de se débattre, elle était figée de terreur, mais ses ravisseurs prirent soin d’éviter toute évasion. On lui tendit les jambes pour entraver ses chevilles ensembles, qu’on attacha ensuite aux pieds de la chaise pour qu’elle ne puisse pas étendre les jambes plus qu’à moitié. Une autre corde lui resserra les genoux par le dessous, une troisième par le dessus. La pression qu’elle sentit alors sur ses cuisses correspondait à la corde qui les maintenait à la chaise. Les mains qu’elle avait toujours liées furent reliées à son ventre par une autre corde assez serrée au niveau de sa taille. Enfin, chose plus dérangeante pour elle, les deux hommes lui entourèrent la poitrine d’une ultime et longue corde qui lui retenait aussi le haut des bras dans le dos, ce qui la forçait à lever sa poitrine déjà compressée par la combinaison vers l’avant.

    Quand on lui retira le sac qu’elle avait sur la tête, elle n’eut pas le temps d’ouvrir les yeux qu’une balle de caoutchouc reliée à une lanière qu’on lui attacha derrière la tête passa entre ses mâchoires, lui restreignant tout mouvement. Elle avait beau se débattre, elle était complètement attachée, fixée à cette chaise dans cette tenue assez suggestive. Elle avait subitement très honte de voir deux hommes d’un certain âge à la tête de bandits la fixer, l’air intéressé. Jamais elle n’aurait cru pouvoir se retrouver dans cette situation aussi inconfortable. Elle était sans défense.

    « Alors la jeune, tu vas nous dire pour qui tu bosses, et ce que tu faisais dans ce hangar à nous espionner » lui dit le chef du groupe, en lui tenant le menton entre le pouce et l’index. « Mmmhhh », les larmes aux yeux, c’était tout ce qu’elle pouvait répondre. « Ha, ha ! Difficile de parler, hein cocotte ? Bon alors où est-ce qu’on a bien pu mettre tes informations ? » continua-t-il en palpant ses cuisses à la recherche de poches.

    Après un moment à chercher en vain, il retourna voir son collègue, qui lui lança que des gens finiraient bien par la chercher et la retrouver, et que ça ne devait pas contrarier le déménagement prévu.

    La discussion continua quelques minutes, pendant lesquelles Sam tentait de se défaire d’au moins un de ses liens, mais il fallait se rendre à l’évidence, elle était perdue, et à leur merci. Le chef monta l’escalier, et en haut ordonna « Fouille la, je veux dire fouille la vraiment, et viens me voir quand t’auras des infos sur elle. » Il s’éloigna dans le bruit de la voix étouffée de la jeune femme, accompagnée des rires gras de son homme de main. Dans le hangar tout entier résonna le cri d’effroi étouffé de Sam, qui allait pousser à un nouveau niveau son fantasme d’espionne…


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